Des chansons pour célébrer les arbres

On dit, depuis Beaumarchais, qu’en France tout finit par des chansons. Magnifique art de vivre, où la gaieté et la légèreté l’emportent sur l’esprit de sérieux et les humeurs sombres ! Mais la chanson française s’est elle bien emparée du thème de l’arbre ? Sans narcissisme avoué, rien de plus normal que de poser la question sur ce site dédié à notre pendant végétal.

La chanson française se serait-elle plantée ?

Manifestement Monaco a eu la main plus verte que la France en remportant le concours de l’Eurovision en 1971 avec la chanson ‘Un banc, un arbre, une rue’, interprétée par Séverine.  C’est à ce jour la seule victoire de la Principauté, mais il faut bien l’admettre, rapportée à sa population, Monaco est sans conteste le numéro un mondial de la chanson primée par tête d’habitant. Le gaulois jaloux, une fois de plus relégué à un rôle de sous-traitant (auteur / interprète), aurait sans doute préféré que son ‘mini me’ interprète un tube à sa mesure : ‘Une banque, un bras, une vue’…

Mais où sont donc les arbres dans la chanson française dans une période où l’adjectif remarquable s’attache autant à l’artiste qu’à notre arbre ? Les esprits les plus verts vous diront qu’il faut poser la question à Pierre Chêne, et d’autres plus branchés à Maxime Le Forestier, très justement célébré aux Victoires de la Musique en 2020.

Respectivement auteur interprète d’‘Un arbre’ et ‘Comme un arbre’, sans froisser personne (Ah, si ! J’allais oublier Marie Laforêt et son ‘Arbre qui pleure’), je peux l’affirmer, ils ont fait le boulot.

Sur ma playlist ‘arboricole’, je mettrais volontiers…

Georges Brassens ‘Auprès de mon arbre’, Yves Duteil ‘La légende des arbres’, Graeme Allwright ‘Au cœur de l’arbre’, enfin le vénéré barde Julien Clerc ‘Sous mon arbre’, même si cette jolie chanson n’a pas ma préférence.

Du même bois, n’oublions pas l’éclectique Yannick Noah promis à un avenir politiquement correct avec sa chanson ‘Aux arbres citoyens’. Dans un tout autre registre difficile de ne pas sourire à la chanson ‘Plante un arbre’ du duo ‘La chanson du dimanche’, les paroles enjouées et décalées secouent bien le ramage ! Idéale pour un petit ‘shot’ matinal !

Mention spéciale pour la jolie ritournelle d’Isabelle Aboulker. En écoutant cette sobre litanie de noms d’arbres chantée par une chorale de jeunes pousses, difficile de ne pas être saisi par l’émotion. J’en ai fait l’expérience : au rythme de cette lancinante mélopée, la forêt se dessine peu à peu et le cœur s’embrase. Il ne manque plus que l’odeur humide et résineuse d’une balade en forêt pour douter de la téléportation. Mystère de la musique en communion avec la Nature !

Dans la forêt lointaine, on entend le coucou

Emporté par le songe d’une nuit d’été, cette émotion me rappelle celle qui me pénètre à l’écoute du chant des oiseaux. Parmi cette famille d’artistes colorés et bien coiffés, naturellement je ne pense pas à ceux qui jacassent haut et fort, croassent, piaffent ou roucoulent, ni aux dindes, grues, buses, oies ou autres vautours mais aux artistes à l’apparence plus modeste qui gazouillent ou sifflotent dans les branches haut-perchées des variations de la mélodie du bonheur.

Ceci écrit, quel rapport avec l’arbre dans la chanson ?

Le traducteur google cui-cui / français n’étant pas encore publié, j’aime à penser que ces petits animaux emplumés chantent les arbres ! N’y passent ils pas le plus clair de leur temps ? La brindille du pin à aller chercher pour le nid, la baie de l’if si délicieuse à becter, la petite pause sur la branche du chêne, la jolie voisine du charme d’à côté…

Le meilleur répertoire sur les arbres est donc bien là et au jeu des comparaisons, ce sont les oiseaux perchés qui l’emportent sur des humains trop enracinés ! Avec un coup de cœur pour le merle de nos contrées, virtuose de l’improvisation, qui a un ‘je ne sais quoi’ de Serge Lama.

Et comme dirait Paul Verlaine :

En argot les hommes appellent les oreilles des feuilles,

C’est dire comme ils sentent que les arbres connaissent la musique…

à découvrir

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